Lorsque le Congrès espagnol a refusé d’ autoriser une commission d’ enquête sur le GAL, nous avons encouragé la création d’ une plateforme indépendante de plusieurs personnes, entre autres Pili Zabala. Le but est, autant que possible, de tenter de compenser le non-respect de l’ obligation d’ enquête par la administration de l’Espagne.

Aujourd’ hui, nous sommes plus d’ une centaine à former la plateforme B-Egiaz, et beaucoup de personnes connues qui ont signé le manifeste #pidosaberlaverdsobrelosgal ont exprimé leur volonté de contribuer à ce projet. Nous sommes plus, et plus forts.

Cependant, l’ idée de documenter et de rechercher scientifiquement toutes les violations des droits de l’ homme à motivation politique n’ est pas nouvelle. Lors de la précédente législature, un effort a été fait au Parlement basque sur la proposition de loi de consolidation de la paix. On y proposait, entre bien d’ autres mesures, la création d’ un observatoire du financement public entièrement indépendant des pouvoirs publics et politiques. On demandait la formation d’ un groupe multidisciplinaire de personnes de renom pour les droits de l’ homme et d’ experts qui ont une crédibilité et une autorité incontestables.

Car les terrorismes ont conditionné notre mémoire démocratique, il nous reste encore ce difficile travail de réécriture; nous devons protéger les droits des personnes, mais en même temps exiger qu’ elles s’ occupent de leurs devoirs. Après tout, il faut reconnaître toutes les victimes et reconstruire la société par la réconciliation. Pour cela, il faudrait prendre des mesures qui encouragent la coexistence sans oubli, sans exclusion et sans méfiance, et porter devant la justice les responsables des crimes les plus graves.